La blockchain au service de la compétitivité des ports

Publié le: 20 juin 2019
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Jean-Christophe Baudouin, Délégué interministériel au développement de l’axe portuaire et logistique Méditerranée Rhône-Saône

 

La mission de votre délégation ?

Le gouvernement veut faire valoir ses ports et doper leur économie, pour qu’ils soient plus compétitifs face à leurs concurrents internationaux, notamment ceux de la façade méditerranéenne. Marseille d’abord mais aussi les autres ports de la façade comme Sète ou Toulon. Ils sont partie intégrante de la chaîne logistique d’un vaste hinterland d’un grand quart sud Est qu’il faut rendre plus efficace à l’instar de nos voisins. Cette stratégie d’axe est menée également dans la vallée de la Seine et en Hauts-de-France.

 

Propositions pragmatiques à venir

Ces propositions vont s’attacher à renforcer la chaine logistique de l’axe en articulant mieux la façade portuaire méditerranéenne et tout particulièrement Marseille avec les zones de chalandises de l’hinterland « naturel » mais aussi des territoires plus lointains (Rhin supérieur, Suisse …) à partir de l’axe rhodanien pour augmenter la taille de l’hinterland.

Les propositions vont concerner de multiples domaines et je l’espère seront très pragmatiques. Par exemple, en termes d’infrastructures : comment mieux organiser le fret de conteneurs à partir du Rhin jusqu’à Marseille ? Quels aménagements mettre en place ? Comment mieux organiser le fret des filières industrielles vers les modes massifiés ? Comment faire du transport fluvial un mode propre ? Avec l’aide des acteurs économiques et institutionnels nous investiguons tous les secteurs.

Vous testez la blockchain. Pourquoi ?

La blockchain, c’est un rapport de confiance entre des partenaires qui échangent les informations nécessaires tout au long du transfert de marchandises. Ce partage accélère le flux et assure aussi la traçabilité du fret, un atout pour ceux qui en ont la responsabilité.

Aujourd’hui, la compétition portuaire ne peut plus se penser entre un port et un autre, mais comme des ensembles logistiques en compétition. L’efficacité logistique, c’est ce que l’on vend. Et dans ce domaine, nos concurrents allemands, belges et hollandais sont très bons car leurs chaînes sont très intégrées et très rapides. La blockchain associe les moyens d’intégration de l’ensemble de la chaîne et met bien au bon niveau le périmètre de la compétition.

Bien sûr, l’expérimentation doit intégrer l’intermodalité. Nous devons massifier davantage. Il nous faut un système très souple et qui trace la rupture de charge très simplement pour que les chargeurs sachent en temps réel où sont leurs marchandises.

Une visée économique

Nous avions besoin d’entreprises qui maîtrisent l’ensemble des segments pour l’expérimentation sur les flux : l’information, l’interopérabilité des données, et les processus liés à la marchandise conteneurisée.

Dans le cadre d’un consortium où participent le GPMM ; VNF, CNR et la Caisse des dépôts, nous avons donc choisi MGI, KeeeX et Buyco pour leur expertise et leur savoir-faire technique. Deux chargeurs, Danone Water et Kem One ont été également approchés pour donner à l’expérimentation le caractère opérationnel qu’exigent les chargeurs.

En septembre à l’issue de l’expérimentation, nous proposerons un système agile et interopérable avec ceux des chargeurs. Avantages pour les clients ?

  • simplicité : on s’oriente sur un document unique ;
  • rapidité : on perd moins de temps car on sait où se trouve l’information et on peut ainsi anticiper ;
  • traçabilité : on connaît à tout moment le lieu où se trouve la marchandise, son mode de transport et son statut administratif.

 

Avec la blockchain, nous ne visons pas un geste technique mais un acte économique. Il faut impérativement que la marchandise aille plus vite selon un cadre maîtrisé car c’est un argument de la concurrence mondiale. Les ports où le fret passe vite sont ceux où l’information circule très rapidement.

Tous concernés

Les acteurs logistiques doivent percevoir qu’ils sont les éléments d’une même chaîne. La mission de notre délégation et de son projet blockchain consiste à raccrocher les principaux maillons. La compétitivité actuelle et future de nos places portuaires en dépend. La blockchain est une illustration de ce que l’on doit pouvoir faire.

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